Pourquoi la marionnette ?

Du 27 mai au 05 novembre 2023

Pourquoi la marionnette ? 100 ans de création

L’exposition « Pourquoi la Marionnette ? 100 ans de création » dessine un paysage de la scène marionnettique à travers une série de tableaux « thématiques » qui répondent à la question posée par le titre et illustrent des courants et des tendances esthétiques de la marionnette « de création », principalement en France, des années 1920 à la scène contemporaine. L’enjeu est d’explorer les raisons du choix de cette famille d’instruments scéniques, du personnage marionnette, aux techniques les plus diverses, à la manipulation de la matière ou au théâtre d’objet.

L’approche ne se veut donc ni historique, ni systématique. Les thématiques sont interprétables à plusieurs niveaux, de la métamorphose des corps et des objets aux possibilités offertes en termes de geste, d’action scénique et de dramaturgie. Elles peuvent se décliner en verbes simples : démultiplier, jouer avec les proportions, transformer, voler, désarticuler, mettre en pièces, déformer, animaliser, robotiser, aplatir, styliser, abstraire… Elles recoupent le propos sur les possibilités esthétiques offertes par les arts de la marionnette : renouveler la dramaturgie et la mise en scène (marionnette et avant-gardes), réinvestir et réinventer des répertoires et des genres dramatiques (la féérie, les genres satiriques…), associer les genres scéniques (petites et grandes formes opératiques, scènes chorégraphiques et circassiennes) et déplacer les frontières des genres artistiques (arts plastiques et installation, expérimentations avec la matière)… Les salles proposeront ainsi différentes réponses à la question liminaire : aller à l’essentiel, manipuler la matière, tout mettre à plat, tendre vers l’abstraction, trouver sa place, défier la pesanteur, jouer des mécaniques, être tout chose, changer de règne, partager le plateau…

De la moitié aux deux tiers des pièces de l’exposition proviennent de collections patrimoniales, notamment la BnF, mais aussi Gadagne et l’Institut International de la Marionnette :
marionnettes, éléments de décor ou castelets, documentation de Géza Blattner, Gaston Baty, Jacques Chesnais, Georges Lafaye, Yves Joly, Jean-Pierre Lescot, la Cie Houdart-Heuclin, François Lazaro (Clastic Théâtre)…
L’autre partie sera constituée d’emprunts à des compagnies contemporaines : Emilie Valantin (le Fust), Claire Dancoisne (Théâtre de la Licorne), Alain Lecuq (Papierthéâtre), Pierre Blaise (Théâtre sans Toit), Cie Philipe Genty, Roland Shön (Théâtrenciel), Cie La Mue/tte, Cie la Bande Passante, Renaud Herbin…
On partira donc de la scène pour aller vers l’objet marionnettique, en mettant d’abord en évidence son rapport à l’espace scénique et au corps de l’artiste, en privilégiant le recours à l’image, animée ou non, et à la suggestion de la présence de l’acteur-marionnettiste ou du manipulateur. Les objets exposés comprendront également, en conséquence, costumes, masques, et éléments scénographiques.

 

© BNF – Fonds Dominique Houdart / Jeanne Heuclin II

COMMISSARIAT D'EXPOSITION

Aurélie Mouton-Rezzouk

Maître de conférences en Études Théâtrales, Institut de Recherche en Études Théâtrales, Université Sorbonne Nouvelle

Maître de conférences à l’Institut d’Études Théâtrales de l’Université de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, et membre de l’Institut de Recherche en Études Théâtrales. A la confluence de la muséologie et de la théâtrologie, ses travaux de recherche portent à la fois sur les lieux et sur la mémoire, le patrimoine et les archives du spectacle vivant. Co-fondatrice du groupe de recherche Topologiques, elle a publié récemment Des lieux pour penser, musées, théâtres, bibliothèques, avec François Mairesse et Flore Garcin-Marrou, ICOFOM, 2018, et Le musée par la scène, avec Pauline Chevalier et Daniel Urrutiaguer, éditions Deuxième Époque, 2018. 

https://sht.asso.fr/auteur/aurelie-mouton-rezzouk/

Joël Huthwohl,

Directeur du département des Arts du spectacle, Bibliothèque nationale de France

Joël Huthwohl est historien du théâtre et dramaturge. A la Comédie-Française de 2001 à 2008 comme conservateur de la Bibliothèque-Musée, il a été rédacteur en chef du Journal des trois théâtres, et un des trois auteurs de Grande et petite histoire de la Comédie-Française (feuilleton France-Culture, 2006). Il dirige aujourd’hui le département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France. A la BnF, il a été commissaire des expositions : Carolyn Carlson (2014), PIAF (2015) et Chaillot, une mémoire de la danse (2018), Yitzhak Rabin / Amos Gitai (2021), Molière, le jeu du vrai et du faux (2022). Il est l’auteur d’articles et ouvrages sur les arts du spectacle notamment : Comédiens et Costumes des Lumières. Bleu autour ; CNCS, 2011 ; La Comédie-Française : 30 ans de création théâtrale. Photographies de L. Lot. La Renaissance du livre, 2003. Comme dramaturge, il a notamment collaboré à Kurt Weill Story, mise en scène Mirabelle Ordinaire, Académie de l’Opéra national de Paris, 2016 et 2018 et Chocolat, clown nègre, texte de Gérard Noiriel, mise en scène de Marcel Bozonnet, 2012.

Flavio Bonuccelli

Scénographe

Diplômé en architecture à Florence, passionné depuis toujours par la scénographie d’exposition, de théâtre et l’architecture éphémère, il a ouvert son agence en 2014 après avoir travaillé pour différentes structures. Parallèlement, il a enseigné pendant 8ans à Paris dans une école d’arts appliqués.

Spécialisé dans la scénographie d’expositions temporaires et permanentes, il a collaboré avec différents musées comme le Musée d’Orsay, le Petit Palais, la Bibliothèque Nationale de France, le Louvre-Lens et le Mémorial de Verdun. En 2019 ont eu lieu cinq expositions temporaires dont il a assuré la scénographie, notamment « Degas à l’Opéra » au Musée d’Orsay, « Tolkien – Voyage en terre du Milieu » à la BnF ou « Concept-Car. Beauté Pure » au Château de Compiègne. Malgré plusieurs expositions renvoyées en 2021, il s’exporte en collaborant avec le Latvian National Museum de Riga pour l’exposition « Âmes sauvages », déjà réalisée en 2018 au Musée d’Orsay. L’an prochain ouvrira l’exposition évènement du Musée des Beaux-Arts de Lyon sur les frères Flandrin, l’exposition « Photographies en guerre » au Musée de l’Armée-Invalides ou encore « le Fontainebleau de Napoléon » au Château de Fontainebleau.

www.flaviobonuccelli.com