Vestiaire de Divas, de Maria Callas à Dalida

Du 5 juin au 31 décembre 2010

Apparu au début du XIXe siècle pour désigner une chanteuse d’opéra, le terme de Diva est aujourd’hui fréquemment employé pour évoquer toute femme de forte personnalité jouissant d’une certaine célébrité, quelque soit son domaine artistique. Malgré tout, la Diva reste un personnage emblématique et incontournable de la scène d'aujourd’hui.

Le Centre national du costume de scène rend hommage à cette figure de prima donna, parée d’une aura emblématique, à travers une exposition et un livre « Vestiaire de Divas », en présentant près de deux cent cinquante pièces, costumes de scène et de récital, bijoux et accessoires. L’exposition propose un parcours dans la garde-robe des Divas, des cantatrices, Maria Callas, Régine Crespin, June Anderson, Montserrat Caballé, Renée Fleming… des actrices, Sarah Bernhardt, Edwige Feuillère, Marie Bell, Cécile Sorel, Isabelle Adjani…des meneuses de revues, Zizi Jeanmaire, des stars de la chanson française, Edith Piaf, Dalida, Barbara... toutes réunies pour cette présentation sur une même scène, de façon tout à fait insolite. Un beau plateau pourrait-on dire...
La légende dorée de ces divas est évoquée à travers leurs costumes de scène, leurs accessoires, bijoux, coiffures, chaussures, nécessaire à maquillage, malles de voyage...et encore photos et extraits filmés de leurs prestations.
Il est aussi proposé aux visiteurs de découvrir la vision de quelques grands couturiers d’aujourd’hui pour ces Divas modernes, avec les costumes de Maurizio Galante portés par June Anderson pour son défilé parisien en janvier 2010, ceux de Christian Lacroix pour Renée Fleming au Metropolitan Opera à New York , ceux d’Yves Saint Laurent pour Zizi Jeanmaire, ou ceux créés par Frank Sorbier pour « La Traviata », dans la mise en scène d’Henry-Jean Servat dans le cadre des « Opéras en plein air ».

Grâce à un partenariat avec l’INA, ces riches heures des Divas sont illustrées d’extraits de films, choisis dans les collections de l’Institut national de l’audiovisuel qui abritent un riche et unique fonds d’images et de sons dédiés à ces grandes Dames.

L’exposition « Vestiaire de Divas » présente une centaine de costumes et accessoires portés par les plus grandes interprètes de la scène française et internationale, de la fin du XIXe siècle à nos jours : chanteuses d’opéras, actrices, meneuses de revue, stars de la chanson française…

Par ordre alphabétique  :

  • June Anderson, ouvre la marche, c’est le moins pour « La Fille du régiment », et s’avance en grande Diva
  • belcantiste,
  • Teresa Berganza, Diva pétrie de charme et de douceur, mais aussi flamboyante Carmen,
  • Sarah Bernhardt, immense tragédienne de la fin du XIXe siècle, véritable « monstre sacré » de la scène théâtralefrançaise,
  • Grace Bumbry, grande dame, leçon de Diva et de dignité,
  • Emma Calvé, grande interprète du rôle de Carmen au début du XXe siècle, un des plus célèbres, si ce n’est le plus célèbre rôle féminin à l’Opéra,
  • Maria Callas, « la » Diva du XXe siècle, l’archétype du genre, mondialement reconnue, toujours en tête du hitparade, bien que les rangs de ceux qui l’applaudirent sur scène, notamment dans les rôles de Norma, Tosca et Traviata, s’éclaircissent chaque jour,
  • Régine Crespin, la Diva française, dont le CNCS conserve costumes, bijoux, vêtements personnels,
  • Montserrat Caballé, grande technicienne et femme de cœur,
  • Natalie Dessay, Renée Fleming, Angela Gheorghiu, Jessye Norman, immenses interprètes lyriques dont les apparitions sur les plateaux des théâtres ou dans les salles de concert, déchaînent aujourd’hui l’enthousiasme,
  • Christa Ludwig, Diva grande dame dont chaque récital de lieder est aussi un spectacle d’art consommé,
  • Birgit Nilsson, Diva wagnérienne,
  • Adelina Patti, dite « la Diva aux millions »,
  • Hortense Schneider, muse et interprète du compositeur Offenbach, créatrice du rôle de « La Grande Duchesse de Gérolstein », éblouissant toutes les têtes couronnées pendant l’Exposition Universelle de 1867,
  • Kiri Te Kanawa, inoubliable Elvire et tant d’autres fières héroïnes…

Mais aussi :

  • Edwige Feuillère, inoubliable impératrice des scènes dramatiques,
  • Edith Piaf et Dalida, Divas de légende si chères au coeur des publics et dont les refrains firent le tour du monde.

Et toutes celles qui sortiront au dernier moment des coulisses de nos mémoires, avant d’entrer en scène dans cette exposition. Somptueux tissus, riches broderies, perles et paillettes, fourrures, plumes et pierres précieuses rivalisent d'éclat. Les costumes sont prétextes à une débauche d’ornements pour magnifier l'apparence des Divas. Peu importe le rôle qu’elles interprètent, à la scène comme à la ville. Lorsqu’une Diva apparaît, au sortir d’une limousine, sur le pont d’un yacht, la passerelle d’un avion ou le balcon d’un hôtel, elle est toujours sous les feux de la rampe, toujours sur scène. Rien n’est jamais de trop pour éblouir et séduire. Mais l’histoire est parfois faite de légendes. N’est pas Diva qui veut ! Il faut du talent, du travail, du courage, de la générosité et cet indéfinissable quelque chose en plus, qui magnifie une artiste, lui fait brûler les planches et donner au public un aperçu du paradis. Loin, très loin des clichés, un des traits les plus marqués de nos Divas modernes est bien souvent l’humilité face à leur art et à ceux qui y participent, chefs d’orchestre, metteurs en scène, costumiers, partenaires…

L’exposition présentera la vision de quelques grands couturiers d’aujourd’hui pour ces Divas modernes, avec entre autres les costumes créés par Christian Lacroix pour Renée Fleming au Metropolitan Opera, New York ; par Maurizio Galante dont ceux portés par June Anderson pour le défilé de Haute Couture en janvier dernier ; ou ceux créés par Frank Sorbier pour « La Traviata », dans la mise en scène d’Henry - Jean Servat pour « Opéras en plein air »…

L’exposition montrera aussi des accessoires, bijoux, coiffures, chaussures, nécessaires à maquillage, malles de voyages (dont certaines fabriquées tout exprès par la maison Vuitton)… et tant d’autres effets et objets indispensables à l’aura des divas, évoquant leurs légendes dorées.

L'exposition en vidéo

Commissariat de l’exposition et direction artistique

Maurizio Galante

Après avoir étudié l’architecture, Maurizio Galante suit la formation de l’Académie de la Mode et du Costume de Rome dont il est diplômé en 1984.
Sa première collection de prêt-à-porter, « Maurizio Galante X circolare », voit le jour à Milan en 1987 ; à partir de 1992, il...

Après avoir étudié l’architecture, Maurizio Galante suit la formation de l’Académie de la Mode et du Costume de Rome dont il est diplômé en 1984.
Sa première collection de prêt-à-porter, « Maurizio Galante X circolare », voit le jour à Milan en 1987 ; à partir de 1992, il présentera ses collections en France, pays qui salue son talent en l’invitant à participer aux défilés de couture parisiens. Installé à Paris en 1996, il fonde la marque « Maurizio Galante » l’année suivante. En parallèle, Maurizio Galante participe à de nombreuses expositions, parmi lesquelles « Black in Fashion » au Victoria and Albert Museum de Londres (1999), « Vision of the Body » au Musée d’Art Moderne de Kyoto (1999), « Modamorphoses » au magasin Le Printemps à Paris (2003).
En 2006, il présente au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains une exposition intitulée « Âme de Diva », avec une quinzaine de robes portées par les plus grandes actrices italiennes, dont certaines sont ses propres créations ; cette exposition sera reprise en 2008, dans les vitrines du Ministère de la culture et de la communication au Palais-Royal, à Paris.
Refusant d’être catalogué, ou de se soumettre aux notions restrictives de « saisons », Maurizio Galante déploie sa créativité non seulement dans le domaine de la mode, mais aussi dans celui du design.
Sophistication, intemporalité et personnalité, associées à une imagination débridée, pourraient définir son style. En véritable « maître d’oeuvre », il travaille sur les structures, les surfaces et les formes afin d’en dégager de nouvelles émotions. Depuis 2008, Maurizio Galante présente ses collections de Haute Couture en sa qualité de membre officiel de la « Chambre Syndicale de la Haute Couture ».

En savoir plus En savoir moins

Delphine Pinasa

En 2010, Delphine Pinasa était directrice déléguée du CNCS et a assuré le commissariat de l’exposition « Vestiaire de Divas ». Historienne de l’art, spécialiste du costume et du textile, elle joint une formation
universitaire à la Sorbonne, complétée au Victoria and Albert...

En 2010, Delphine Pinasa était directrice déléguée du CNCS et a assuré le commissariat de l’exposition « Vestiaire de Divas ». Historienne de l’art, spécialiste du costume et du textile, elle joint une formation
universitaire à la Sorbonne, complétée au Victoria and Albert Museum à Londres, à une formation dans les milieux de la mode et du théâtre, au Musée de la Mode et du textile, puis à l’Opéra national de Paris.
Responsable du fonds muséographique des costumes à l’Opéra national de Paris de 1993 à 2000, puis chef du service Patrimoine Costumes de ce Théâtre à partir de 2001, elle a été le commissaire de nombreuses expositions en France et à l’étranger et a publié plusieurs ouvrages, en relation avec ces expositions comme avec l’histoire des ateliers de costumes du Palais Garnier.
Depuis 2011, elle a pris en main les destinées du CNCS et est devenue directrice et conservateur du musée.

 

En savoir plus En savoir moins