Une robe de cour unique en France

Découvrez ce prêt exceptionnel du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon

Cette robe de cour datant du milieu du 18ème siècle est une robe unique en France. Dans le cadre de l'exposition "Modes ! À la ville, à la scène", une robe de cour, unique en France, datant du milieu du XVIIIème siècle, a été prêtée par le Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. Extrêmement fragile elle a été acheminée par un transporteur spécialisé dans le transport d’œuvres d'arts. 

"Dès 1721, Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, témoigne dans ses Lettres persanes de l’Inconstance des mœurs et des modes en France : « Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver. Mais, surtout, on ne saurait croire combien il en coûte à un mari pour mettre sa femme à la mode. (…) Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s’y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l’habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger (…). Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de moeurs selon l’âge de leur roi. Le Monarque pourrait même parvenir à rendre la Nation grave, s’il l’avait entr

epris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la Cour, la Cour, à la Ville, la Ville, aux provinces. » 
Ainsi, la silhouette féminine connaît-elle un profond renouveau. La robe de cour est une robe dite « à la française » dont les premiers modèles s’affirment dans les années 1720. Elle est composée d’une robe, aussi appelée « manteau », à encolure carrée, se terminant en traîne et s’ouvrant sur un jupon de même étoffe que la robe. La robe s’attache au niveau du corsage par deux volets de tissu masqués par la pièce d’estomac en pointe exécutée en broderie. L’ampleur de la robe, aplatie sur le devant, est assurée par un système de double panier, positionné chacun sur une hanche. Apparu dans les années 1750, il est fait de toile gommée garnissant des cerceaux de joncs de forme demi-sphérique. La coupe du manteau est réalisée en fonction de l’importance de ces paniers. Le corsage, à encolure carrée, est ajusté sur le devant et laisse flotter dans le dos, deux séries de plis plats, montés à l’encolure, appelés également « plis Watteau » tant le peintre les a représentés. Les manches de la robe sont en sabot et garnies de volants froncés. La robe à la française, affinant la taille et arrondissant les hanches, est caractéristique de la mode à la cour sous Louis XV."

 
Claire Berthommier