Focus vitrine : "Parade"

Découvrez l'une des vitrines de l'exposition "Angelin Preljocaj, costumes de danse"

Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Erik Satie
Décors : Aki Kuroda 
Costumes : Hervé Pierre 
Lumières : Jacques Chatelet
Commande de l'Opéra national de Paris, Palais Garnier, 1993

En 1993, à l’Opéra de Paris, Angelin Preljocaj rend hommage aux Ballets Russes en proposant  Parade,  le Spectre de la rose et les Noces. Le chorégraphe ose affronter ces trois ballets mythiques de Serge Diaghilev car il aime relever les défis qui stimulent son imagination.  
Lorsqu'Angelin crée sa chorégraphie des Noces sur la musique de Stravinski, Rudolf Noureev est dans la salle. Le danseur et chorégraphe d'origine russe, alors directeur du Ballet à l'Opéra de paris apprécie le travail du jeune chorégraphe d'origine albanaise et souhaite l'inviter à  se produire sur la scène du Palais Garnier. Le projet se réalise quelques années plus tard en 1993.


Pour Parade, il s’entoure du peintre Aki Kuroda et du couturier Hervé Pierre. Le décor est basé sur des toiles peintes en pointillé noir et blanc, avec en avant-scène une grande arche rouge marquant l’entrée des artistes. Pour contraster avec ce décor géométrique, Hervé Pierre imagine des personnages de cirque vêtus de costumes bigarrés, comme fabriqués par les artistes eux-mêmes.
Diplômé de l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne en  1988, le jeune couturier Hervé Pierre a commencé sa carrière chez Dior, avant de rejoindre la maison Pierre Balmain comme directeur artistique haute couture et prêt-à-porter. Il signe sa première collection en 1991. Il n'a aucune expérience dans le monde du spectacle et répond en cela aux désirs du chorégraphe qui souhaite travailler avec un créateur néophyte, doté d'un regard neuf et non restreint par les contraintes du costumes de scène.Monsieur Loyal, interprété par le chorégraphe, arbore un habit queue de pie à grands carreaux, orné d’un volumineux nœud papillon. Au total quatorze danseurs déambulent en collants académiques aux couleurs éclatantes et grimés à l’effigie des super héros de bandes dessinées américaines, en costumes de velours peint rayé, en maillots de bain du début du XXe siècle ou en tutus aux formes géométriques.
Pour être en accord avec le ballet de Satie et l’esprit Cocteau, Angelin Preljocaj a demandé à ses danseurs de s’immerger dans le monde du cirque chez Annie Fratellini.
Parade est une chorégraphie divertissante et fantastique où les danseurs glissent d’une coulisse à l’autre comme un va et vient permanent proche du mouvement des gens dans la rue. L’ensemble est empreint d’humour, de fantaisie, de clins d’œil à la mode des années 1920, aux ambiances de foires, de music-hall et de cirque, seules références à l’œuvre originale.