Chefs d'œuvre

Sélection de 10 chefs d’œuvre du CNCS

Galerie d’une sélection de 10 chefs d’œuvre, choisis parmi les 20 000 pièces de la collection du CNCS.

Habit d’homme en velours rouge brodé de paillettes datant de la fin du XVIIIe siècle, costume pour le rôle de Pasquin pour Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux. Coll. CNCS/Comédie-Française.

Costume authentique du XVIIIe siècle

La Comédie-Française possède plusieurs habits de ce type, ainsi que des gilets d’hommes qui sont d’authentiques vêtements de cour, donnés ou achetés par le théâtre au XIXe siècle pour des spectacles d’inspiration XVIIIe siècle. Certains ont été adaptés pour servir sur scène jusque dans les années 1950.

Ils constituent les pièces les plus anciennes des collections. Il existe en effet peu de costumes antérieurs au XIXe siècle, ceux-ci étaient portés puis réutilisés durant plusieurs années, jusqu’à leur usure complète ou bien détruits dans les incendies qu’ont connu les théâtres, encore fréquents aujourd’hui.

Ci-contre, Habit d’homme en velours rouge brodé de paillettes datant de la fin du XVIIIe siècle, costume pour le rôle de Pasquin pour " Le Jeu de l’amour et du hasard " de Marivaux. Coll. CNCS/Comédie-Française.


Aïda, 1880

Quelques costumes de scène datant de la fin du  XIXe siècle, conservés dans les collections, illustrent le style de cette fin de siècle : des mises en scène fastueuses, des décors toujours plus impressionnants, avec une foule d’artistes et de figurants habillés de costumes copiés d’après des documents historiques.

Pour la création de l’opéra Aïda au Caire en 1871, l’égyptologue Mariette dessina les costumes. Pour la reprise à l’Opéra de Paris quelques années plus tard, Eugène Lacoste reconstitua de façon quasi fidèle ce vêtement égyptien sans qu’aucun détail ne manque !

Costume pour un musicien dans Aïda, opéra de Verdi entré au répertoire de l’Opéra de Paris en 1880 dans des costumes d’Eugène Lacoste. Coll. CNCS / Opéra national de Paris.

 


Sarah Bernhardt dans Ruy Blas, 1872

Sarah Bernhardt, actrice française, est considérée comme la plus grande tragédienne du XIXe siècle. Véritable monstre sacré, grâce à sa personnalité et à son talent, elle fait une carrière impressionnante en France comme à l’étranger.

Le CNCS conserve des costumes de quelques-uns des plus grands artistes interprètes de la scène comme ceux de Mounet Sully, Serge Lifar, Maria Callas, Jean Marais, Luciano Pavarotti, Rudolf Noureev, Isabelle Adjani, Jean Louis Barrault…

Robe de style Louis XIII en satin broché décoré de perles, galons et paillettes or, pour la Reine dans Ruy Blas, de Victor Hugo porté par Sarah Bernhardt pour la première fois au Théâtre de l’Odéon en 1872, puis pour la reprise en 1879 à la Comédie-Française. Coll. CNCS / Comédie-Française.


 

Bakst, Shéhérazade, 1951

Ce ballet est créé par la célèbre compagnie des Ballets russes dirigée par Serge de Diaghilev en 1910 à l’Opéra de Paris. Serge Lifar, danseur de la compagnie puis directeur du ballet de l’Opéra de Paris, remonte ce spectacle en 1951.

Les costumes de ce ballet, aux couleurs éclatantes, richement décorés de perles et de motifs peints au pochoir, produisent un choc esthétique sur le public parisien, déclenchant un enthousiasme dont les répercussions se reflètent dans tous les domaines artistiques, notamment dans la mode.

Costume pour le rôle du Prince des Indes dans Shéhérazade, ballet de Michel Fokine, costumes d’après Léon Bakst, Opéra national de Paris, 1951. Coll. CNCS/ Opéra national de Paris.


Cocteau, La Dame à la licorne, 1959

Jean Cocteau anima tous les secteurs de la scène artistique. Pour la réalisation de ses spectacles, il sollicitait des peintres tels que Picasso, et la grande figure de la couture en la personne de Coco Chanel. Il lui arrivait aussi de les concevoir lui-même comme ici dans ce ballet où il veilla de près à la réalisation des costumes, empreints de simplicité dans leurs formes et dans leurs matériaux.

La licorne porte un académique garni de brins de laine formant la crinière et la queue de l’animal.

Costume d’une licorne pour La Dame à la licorne, ballet de H. Rosen, décors et costumes de Jean Cocteau, Opéra national de Paris, 1959. Coll. CNCS/ Opéra national de Paris.

 

 

 


Turandot, 1968

D’un style chinois très imaginaire, ce costume est conçu à partir des effets du test de Rorschach, formant des grandes taches selon un axe médian symétrique.

Jacques Dupont, peintre français (1909-1978) a conçu les décors et les costumes de nombreux spectacles tout comme plusieurs générations de peintres depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à aujourd’hui, chacun adaptant son esthétique picturale à la scène.

Costume pour le rôle de la princesse Turandot dans Turandot, opéra de Puccini, costumes de Jacques Dupont, Opéra national de Paris, 1968. Ce costume est porté par Montserrat Caballé qui interprète le rôle lors d’une reprise en 1981. Coll. CNCS/ONP.


Thierry Mugler, Macbeth, 1985

À l’instar de nombreux couturiers depuis l’apparition de la haute couture, Worth, Chanel, Saint Laurent, Lacroix, Gaultier et bien d’autres, Thierry Mugler signe les costumes de cette pièce. Il imagine pour cette tragédie des costumes construits comme des sculptures donnant aux acteurs une impression d’enfermement.

Pour ce costume de Lady Macbeth, le couturier conçoit une robe à panier en satin bleu acier, cloutée telle une armure. La structure raide du tissu qui engonce le personnage dans une sorte de carcasse, renforce le drame.

Costume pour le rôle de Lady Macbeth, dans Macbeth de Shakespeare, mise en scène de Jean-Pierre Vincent, décor de Carlo Tommasi, costumes de Thierry Mugler, Comédie-Française, 1985. Coll. CNCS / Comédie-Française.// C.-F


Jean-Paul Goude, Défilé Parade, 1989

En 1989, pour commémorer le Bicentenaire de la Révolution française, Jean-Paul Goude organise un gigantesque défilé aux Champs-Elysées avec 6000 artistes et figurants présentant des dizaines de tableaux vivants, mêlant musique, danse, régions et pays. Ce costume appartient au tableau sur l’URSS. Couleurs, formes géométriques, matières plastiques, inscriptions cyrilliques créent ce personnage constructiviste monté sur des chaussures accordéon.

Les costumes de cette parade, tout comme ceux conçus par Philippe Guillotel pour  la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Albertville orchestrée par Philippe Découflé en 1992, témoignent de l’inventivité d’artistes contemporains au vocabulaire plastique particulièrement novateur pour ces grandes manifestations nationales.

Costume de « constructiviste » pour le défilé du bicentenaire de la Révolution, conception de Jean-Paul Goude, scénographie de Philippe Découflé, costumes de Philippe Guillotel, 14 juillet 1989. Combinaison en coton peint, chaussures en polyuréthane peint noir, coton jaune et vert. Coll. CNCS / BNF.


Le Lac des cygnes, 1992

Cette robe à panier et à longue traine est dotée de manches pagodes exubérantes et d’une coiffe bijou aux multiples rangs de verroteries. Ce costume spectaculaire incarne par ses formes et son ampleur l’esprit de grandeur souvent présent au théâtre.

Le tissu, un broché or et argent entièrement plissé, scintille sous les feux des projecteurs et donne toute la splendeur qu’il se doit au personnage de la reine qu’il habille, rappelant ainsi la richesse des costumes des reines de cours. Bien qu’il s’agisse d’un ballet, ce costume habille un rôle non dansant qui peut ainsi prendre toute son ampleur.

Costume pour le rôle de la Reine dans Le Lac des cygnes, décor de Roberto Platé, costumes de Tomio Morhi, Opéra national de Paris, 1992. Coll CNCS / Opéra national de Paris.


La Belle au bois dormant par Noureev, 1989

Costume symbole de la danseuse classique, le tutu apparaît en 1832 avec le ballet La Sylphide sous la forme d’une robe fluide en mousseline blanche, évoquant le caractère évanescent de la danseuse sur pointes.

Depuis, il s’est adapté à l’évolution de la technique de la danse, se raccourcissant petit à petit. Son juponnage de tulle est plus ou moins volumineux. Ses couleurs, son style et ses décorations se déclinent à l’infini selon les productions, comme ici pour ce tutu en satin rouge dégradé, tulle noir et dentelle or, pierres, perles et paillettes.

Tutu pour une Fée dans La Belle au bois dormant, chorégraphie de Rudolf Noureev d’après Marius Petipa, costumes de Nicholas Georgiadis, Opéra national de Paris, 1989. Coll CNCS / Opéra national de Paris.